Au premier regard, un framboisier semble ne rien avoir d’extraordinaire : juste une plante, souvent désordonnée, assez sauvage, aux branches courbées voire résignées. On ne pourrait ainsi voir en elle qu’un simple végétal sans grand intérêt qui parfois, telle une ronce, peut piquer ou devenir encombrante.
Passer son chemin serait tentant mais, surtout, serait une erreur car qui prendra le temps de s’en approcher découvrira une toute autre réalité.
Écartez doucement les branches, soulevez patiemment les feuilles avec délicatesse et apparaîtront sous vos yeux des trésors qui n’attendaient qu’à être découverts : des framboises, fragiles, sucrées et précieuses.
Certains élèves sont ainsi. Leur potentiel n’est pas visible ou accessible immédiatement. Mais si vous prenez le temps de les connaître, de les écouter, de les accompagner dans le respect de leur personnalité, de leur force et de leur faiblesse, alors il y a de fortes chances de mettre en lumière et de faire pousser leurs fruits intérieurs : savoirs, créativité, compétences, sensibilité, talent.
Tel un jardinier, le pédagogue ne se contente pas de l’apparence : il explore, encourage, valorise, il laisse le temps au temps pour respecter le rythme des saisons et de la plante.
Derrière chaque élève, même celui qui semble le plus épineux ou le moins accessible, se cache une récolte. Sa framboise.
Marilène Parrou, psychopédagogue.